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Jean-Philippe Antoine : Dans les tableaux qui font le gros de l’exposition, on est dans ces lieux étranges qui ne sont plus la campagne, qui ne sont plus non plus la banlieue, mais des carrefours, des entrées de ville. Tu t’intéresses depuis longtemps à des lieux comme les cimetières, ou aussi, pour des projets de commandes publiques, à des lieux comme lycées, écoles, ronds-points. Il y a là toute une dimension de paysages institutionnalisés. Est-ce que cette nouvelle série ne rentre pas dans le même projet ? Finalement ces carrefours, ces entrées de villes sont des endroits que nous ne voyons quasiment pas. Ils ne sont pas monumentaux, ils sont abandonnés pour le regard, on y passe en voiture sans s’y arrêter. En même temps ce sont des lieux hautement réglés, et qui évoluent. L’un des aspects curieux de ces peintures, c’est la façon dont, y compris dans les plus bucoliques, on a le sentiment qu’il s’agit bien d’aujourd’hui.
Bruno Yvonnet : Ce sont des lieux communs. En l’occurrence des photogrammes de films que j’ai faits aux abords de villes ou de villages, en tenant ma caméra tout en conduisant. Je me débrouille pour que ce soient des lieux qu’on a tous parcourus, donc des images qu’on a en tête, sans avoir eu envie de les mémoriser. C’est vrai que c’est en rapport avec d’autres choses que j’ai faites. Le lieu commun me fait souci.
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