Jeudi 9 Septembre 2010

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L'ANNUAIRE

Métiers d'arts

Ebénistes, doreurs sur bois, tapissiers, créateurs de vitraux, mais aussi bijoutiers-joilliers ou facteurs d'instruments. La palette des artisans d'art présents sur les Pentes est large et éclectique. On y rencontre en effet les métiers les plus traditionnels, comme les plus contemporains, trait d'union entre le passé et futur, ils interviennent aussi bien en restauration qu'en création.
Cette richesse est d'ailleurs accessible à chacun puisque nombre de ces artisans œuvrent « en vitrine » et sont ainsi visibles et en contact direct avec le public.

CHRISTIAN LEBLANC / EBENISTE D’ART

Installé sur les Pentes depuis près de 40 ans, Christian Leblanc, ébéniste d'art, en est un témoin privilégié et une figure incontournable. Sa vision du quartier oscille entre nostalgie et enthousiasme. De son atelier perché en haut des Pentes, il domine non seulement la Presqu'Île mais aussi les décennies qui nous précèdent. Il nous raconte son histoire des Pentes.

"Pourquoi avoir choisi les Pentes ? Parce que mon père y avait installé son atelier lorsque j'avais six ans ! C'était à quelques rues d'ici. Puis, il a acheté ce local que j'ai à mon tour repris, il y a maintenant 18 ans. J'ai donc connu les différents visages des Pentes et ses différentes périodes : celle, florissante, des acteurs de l'économie soyeuse, des commerçants et des artisans prospères, puis celle des négociants et des grossistes, avant celle "noire", qui les a vues se vider progressivement et se dégrader. Mais heureusement, l'heure de la reconquête a sonné et on assiste à une double renaissance.

 

Tout d'abord, le profil des gens qui les fréquentent a beaucoup changé : les résidents ont vieilli et ont souvent laissé la place à de jeunes couples, mais aussi à des artisans et des artistes. Si mes confrères artisans d'art et moi-même sommes bien moins nombreux qu'autrefois, la tendance est en train de s'inverser. Les rez-de-chaussée se "repeuplent" et le quartier s'anime à nouveau. Et bien que les commerces de proximité soient encore rares, les bistrots et les restaurants qui s'accrochent au flanc de la colline ramènent de la convivialité. Enfin, depuis le classement du site au patrimoine Mondial de l'Unesco, les touristes arpentent nos Pentes !

 

Ensuite, la physionomie du quartier lui-même connaît une évolution. Les opérations de réaménagement urbain qui se déroulent depuis quelques années les rendent encore plus sympathiques. Les places publiques sont réaménagées, comme la place Colbert à côté de mon atelier. On plante ici et là quelques arbres, on refait les chaussées et on élargit les trottoirs.

 

Au-delà de ce nouveau décor, l'atout principal des Pentes, c'est vraiment la vie de quartier ! Ici, on se connaît, on se "dépanne". Je ne peux pas dire que je travaille réellement en réseau avec d'autres artisans du quartier, mais fréquemment on s'entraide, on se rend service. D'ailleurs, cette "solidarité" s'exprime surtout par les opérations de promotion que l'on mène en commun, avec le soutien de la Mission Pentes Croix-Rousse. Nous avons déjà organisé plusieurs journées portes-ouvertes ou événements de découverte de nos métiers. Je pense que cet état d'esprit tient au fait que les Pentes sont à la fois intégrées au centre-ville, mais aussi à part : pour preuve, nous avons coutume de dire que l'on "descend en ville"."