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// Jean Frédéric SCHMITT , luthier

Le 31 Mai 2007

Jean Frédéric SCHMITT , luthier

  Au terme d'études en Allemagne et de 12 années de compagnonnage au Danemark, à Paris et au Japon, Jean Frédéric SCHMITT ouvre son atelier de lutherie à Lyon en 1967. C'est précisément cette année -là qui marque le début de la renaissance de la facture instrumentale en France, conséquence heureuse de la politique gouvernementale de soutien à la Musique conduite par André MALRAUX et Marcel LANDOWSKI.



Jean Frédéric SCHMITT se plaît à rappeler qu'au fil de l'histoire lyonnaise son « industrie » a connu trois grandes périodes fastes tant en termes de volume de production que de notoriété internationale.

A la Renaissance, lorsqu'en 1540 un ami de Léonard de VINCI, TIFFENBRUCKER, s'installe à Lyon- ville carrefour et ville marchande de 40.000 habitants -, entraînant dans son sillage 8 luthiers venus de Bohème, les imprimeurs arrivant de Nüremberg.


A la fin du 19ème siècle, alors que Lyon connaît un essor économique sans précédent et que la bourgeoisie industrielle, rêvant à nouveau d'une expansion économique à l'échelle européenne, affirme son identité en s'investissant dans les valeurs culturelles et notamment dans la musique. Comprenant l'importance que le développement culturel peut avoir sur l'économie locale, cette bourgeoisie fortunée saura faire preuve d'une grande générosité dans la création des équipements (salles Molière et Rameau) ou l'éclosion de projets (Orchestre de Lyon) ; depuis la Révolution de 1848


le centre de gravité de la lutherie s'est déplacé de Paris à Lyon qui, par ailleurs, compte jusqu'à 7 facteurs de piano et qui maintient sa prééminence dans des spécialités telles que la fabrication de cordes introduite par des italiens au 18ème siècle.


Comme dans bien des domaines la Grande Guerre portera un coup terrible aux métiers de la musique ; le 2ème après -guerre sera lui aussi difficile. Et il faut attendre les années soixante pour que les Pouvoirs publics décident de soutenir les acteurs «survivants» par une politique d'ensemble (création des conservatoires, etc... ;) ; les institutions ont alors vraiment pris le relais du mécènat.


Représentatif de la génération qui a participé au récent renouveau Jean Frédéric SCHMITT a formé 80 luthiers et 10 archetiers au cours de sa longue carrière. Aujourd'hui 17 luthiers -dont 16 de ses anciens apprentis -sont installés à Lyon, situation unique en Europe et qui fait de notre cité un lieu d'expertise majeur et une destination incontournable en Europe pour la clientèle internationale des mélomanes.

S'il est artisan d'art, Jean Frédéric SCHMITT est aussi pionnier dans l'âme: fondateur de l'Institut Musical des méthodes actives et introducteur de la méthode d'enseignement Suzuki, promoteur des « Musicades », rencontres annuelles des jeunes interprètes de musique de chambre. Jean Frédéric SCHMITT professe avec force que dans son métier la réussite personnelle est liée à la réussite du groupe.


Face aux incertitudes du temps présent - quel avenir pour les jeunes musiciens formés dans nos conservatoires? quels débouchés locaux pour la facture instrumentale ?- il est une seule issue qui permette de maintenir le potentiel de la lutherie lyonnaise en promouvant ses talents : l'ouverture à l'Europe et aux autres continents.

Partisan du dialogue continu et renforcé entre responsables des affaires publiques et acteurs de l'économie, partisan d'actions concertées pour la mise en valeur de notre patrimoine économique et culturel, il rappelle ce mot d'un ancien élu : « La culture est l'ouvre-boîte de l'économie ».

C'est particulièrement vrai dans le 1er 'arrondissement où il réside lui-même comme nombre de ses anciens élèves.